L’arthrose digitale

L’arthrose se définit comme une usure des cartilages au niveau d’une articulation.

Au niveau des doigts, il s’agit d’ une pathologie très fréquente et longtemps très bien supportée par les patients.

On la retrouve chez environ 38% des femmes pour 24 % chez les hommes et elle augmente en fréquence avec l’âge. De 6 à 10% vers 40 ans, elle touche plus de 70% des gens après 70 ans.

Les articulations les plus fréquemment atteintes sont les interphalangiennes distales dans 20%, et les interphalangiennes proximales dans 5%.

Etiologie

– facteurs génétiques : Il semblerait que le risque relatif de voir apparaître une arthrose digitale soit doublé chez une sœur qui présente de l’arthrose et soit multiplié par 6 chez une jumelle homozygote. La présence de HLA A1 B8 mutation du gêne du procollagène de type II ( formation du cartilage articulaire) serait un facteur de risque également.

– facteurs hormonaux : On noterait une augmentation de fréquence de l’arthrose digitale à la ménopause sans facteur hormonal déterminé

– L’Obesité : augmenterait de 9 à 13% le risque d’arthrose digitale par Kg de poids corporel supplémentaire acquis

– Surchage fonctionnelle et micro-traumatismes sont des facteurs de risques au niveau des IPP et MCP

– facteurs traumatiques . Ils sont rares et peuvent être responsable d’une arthrose lorsque le traumatisme interesse directement l’articulation.

Clinique

La douleur de type mécanique, à l’effort ou lors de la mobilisation des doigts cède ou s’améliore au repos. Elle est localisée au niveau de l’articulation d’un doigt et est à type de lancement, brulure etc…. Elle est augmentée par les chocs ou les traumatismes même très bénins. Il est important d’apprécier la fréquence quotidienne de ces douleurs et leurs intensités afin d’en apprécier le retentissement dans la vie quotidienne ( professionnelle, sportive et domestique).

la déformation du doigt avec gonflement de l’articulation, et diminution de l’amplitude du mouvement.

L’examinateur va apprécier l’importance de la déformation articulaire en notant la désaxation éventuelle et les amplitudes articulaires. Il recherche également des lésions associées qui sont fréquentes comme un syndrome du canal carpien, des doigts à ressaut etc…

Les examens complémentaires

La radiographie simple est le meilleur examen aujourd’hui pour faire le bilan d’une arthrose digitale.

Elle doit être de réalisation irréprochable, centrée sur l’articulation atteinte,
face et profil.

Elle apprécie l’importance de l’usure articulaire en sachant qu’il n’y a aucune parallélisme entre le degré de usure articulaire et l’importance des symptômes

Traitement médical

Il associe, antalgique, anti-inflammatoire et orthèse de repos à porter le soir et la nuit.

En cas d’échec de ce premier traitement, on proposera un traitement chirurgical qui dépend de l’articulation.

Ces traitements doivent être réalisés dans des centres spécialisés, en ambulatoire, sous anesthésie locale ou loco régionale. Ils sont suivis d’une immobilisation de durée variable en fonction du type d’intervention.

Au niveau des Interphalangiennes proximales, le remplacement prothétique afin de conserver la mobilité de cette articulation intermédiaire. La photo 4 montre un exemple de prothèse IPP de type tactys ( Mémométal*)

Au niveau de l’interphalangienne distale, l’arthrodèse , c’est à dire le blocage complet de l’articulation reste l’intervention de choix dans les arthroses de cette articulation.

Elle permet de retouver une articulation stable et indolore et ne pénalise que très peu la fonction car le blocage n’est indiquée que lorsque les articulations sont instables ou très raides et qu’elles sont en plus douloureuses.

Exemple d’arthrodèse de l’IPD consolidée montée par agrafe centromédullaire

En conclusion

Il faut retenir que l’arthrose digitale est une pathologie très fréquente après 50 ans et souvent très bien tolérée.

La prise en charge dépend de la gêne du patient et sera dans un premier temps médical

Le traitement chirurgical n’est indiqué que si les patients continuent de souffrir malgré le traitement médical bien conduit. Il s’appuit sur un bilan radiographique simple de bonne qualité et récent. Il doit être adapté au patient, à son âge et l’articulation concernée et au degré d’usure de l’articulation.